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Frugalys

Économiser sur ses courses alimentaires : commencer par ce qu'on jette

Publié le 30 septembre 2026. Par Jérémy Arciszewski, fondateur de Frugalys. 6 min de lecture.

Pour économiser sur ses courses, le premier poste à couper est celui qu'on ne mange pas : environ 100 € par personne et par an, selon l'ADEME, soit autour de 400 € pour un foyer de quatre. Environ la moitié peut être évitée par des habitudes, sans rien changer à ce qu'on met dans l'assiette : inventaire avant de partir, liste tirée des repas prévus, méfiance envers les lots, et ce qui périme cuisiné en premier.

Ce qui dort au fond du frigo, c'est de l'argent déjà dépensé. Frugalys te dit quoi manger avant que ça ne se perde.

Économiser sur ses courses fait d'abord penser aux prix : changer d'enseigne, passer aux marques de distributeur, guetter les promotions. Ce sont des leviers réels, mais ils portent sur ce qu'on achète. Celui de cette page porte sur ce qu'on achète et qu'on ne mange pas. L'ADEME, l'agence de la transition écologique, l'a chiffré dans son guide Comment traquer le gaspillage alimentaire ? : 30 kg de nourriture jetés par personne et par an, dont 7 kg encore emballés, l'équivalent d'un repas par semaine.

Combien coûte la nourriture qu'on jette, par taille de foyer ?

Autour de 100 € par personne et par an, selon l'ADEME. Le chiffre se multiplie par le nombre de personnes du foyer : environ 200 € pour un couple, 300 € pour trois, 400 € pour quatre. C'est un ordre de grandeur national, pas une facture : un foyer qui cuisine beaucoup de frais jette en général plus que la moyenne.

Foyer Nourriture jetée par an Ce qu'elle a coûté Part évitable par les habitudes
1 personne≈ 30 kg≈ 100 €≈ 15 kg, ≈ 50 €
2 personnes≈ 60 kg≈ 200 €≈ 30 kg, ≈ 100 €
3 personnes≈ 90 kg≈ 300 €≈ 45 kg, ≈ 150 €
4 personnes≈ 120 kg≈ 400 €≈ 60 kg, ≈ 200 €
5 personnes≈ 150 kg≈ 500 €≈ 75 kg, ≈ 250 €

Notre calcul, à partir des chiffres par personne de l'ADEME (guide 07/2022) : 30 kg et environ 100 € jetés, environ 15 kg évitables par un changement d'habitudes. La part évitable en euros suppose que les kilos évités coûtent autant que la moyenne des kilos jetés.

Les aliments les plus jetés, d'après le même guide, sont les légumes, les liquides et les fruits : des produits frais, achetés en quantité, qui se dégradent vite. Le détail des chiffres et de leur périmètre est dans le gaspillage alimentaire en France, en chiffres.

Quelle part de ce gaspillage peut-on vraiment récupérer ?

Environ la moitié, et parfois bien plus. L'ADEME estime qu'un changement d'habitudes éviterait environ 15 des 30 kg. Lors d'une opération menée auprès de 243 foyers, le gaspillage est passé de 25,5 à 10,4 kg par personne, soit 59 % de moins.

Tout ce qui part à la poubelle n'est pas récupérable : les épluchures, les os ou le marc de café ne se mangent pas. Ce qui se récupère, ce sont les produits oubliés et les quantités mal calculées. Les 7 kg jetés encore emballés en sont la forme la plus nette : un produit payé, rangé, jamais ouvert, retrouvé trop tard. Aucune astuce de cuisine ne le sauve ; il fallait seulement s'en souvenir à temps.

À retenir : sur un foyer de quatre, l'écart entre la moyenne et le résultat des 243 foyers de l'ADEME représente de l'ordre de 200 € par an, soit environ 4 € par semaine, sans avoir changé de magasin ni de marque.

Avant les courses : pourquoi l'inventaire compte plus que la liste

Parce qu'une liste écrite sans regarder le frigo rachète ce qu'on a déjà. Le guide de l'ADEME sur les achats demande, dans l'ordre : faire l'inventaire des stocks, établir les menus, puis écrire la liste selon les stocks et les menus. L'ordre compte : la liste vient en dernier.

  1. Regarder le frigo, le congélateur et le placard et noter ce qui périme dans les cinq jours. Ces produits décident des premiers repas.
  2. Poser les repas de la semaine, en décomptant ceux pris hors de la maison (cantine, restaurant, invitations) : la DRIAAF Île-de-France en fait un conseil à part, parce qu'on achète volontiers pour sept jours de dîners quand on n'en fera que cinq.
  3. Écrire la liste à partir des repas, avec des quantités. « Carottes » devient « 6 carottes ».
  4. Faire les courses le ventre plein, autre conseil de la DRIAAF : la faim remplit le chariot de ce qui n'était pas prévu.

Une liste de courses reliée à l'inventaire fait l'étape 1 et l'étape 3 d'elle-même, et le menu de la semaine bâti sur les dates fait l'étape 2.

Au rayon : une promotion est-elle vraiment une économie ?

Seulement si tout est mangé avant la date. Un lot de trois payé au prix de deux coûte plus cher qu'un produit seul dès que le troisième finit à la poubelle. L'ADEME le dit en une ligne : « attention aux grandes quantités en promo ».

Le calcul se fait en deux secondes devant le rayon : combien de repas avant la date imprimée, et combien de ces repas utiliseront ce produit ? Un lot de yaourts à dix jours pour un foyer qui en mange quatre par semaine tient. Trois barquettes de viande hachée à deux jours ne tiennent pas, sauf à en congeler deux le soir même.

Situation au rayon Bonne affaire si… Mauvaise affaire si…
Lot « 3 pour 2 » sur un produit fraisLes trois sont prévus dans des repas avant la dateLe troisième n'a pas de repas
Grand format moins cher au kiloLe produit se garde ouvert (riz, pâtes, conserves)Il faut le finir en trois jours après ouverture
Produit à date courte, remiséIl est mangé ce soir ou congelé en rentrantIl rejoint le fond du frigo
Viande ou poisson en quantitéLe surplus est congelé le jour mêmeOn compte le congeler « plus tard »

Dernier geste au rayon : prendre le produit derrière quand on ne le mangera pas avant plusieurs jours. Le guide ADEME sur les achats recommande de vérifier les dates avant de mettre dans le chariot, et un sac isotherme pour les produits frais, comme le rappelle la DRIAAF.

Au retour des courses : ranger, dater, décider

Les dix minutes après les courses décident du sort de la semaine. Les produits neufs se rangent derrière les anciens, la viande en surplus part au congélateur tout de suite, et tout ce qui n'a pas de date imprimée en reçoit une.

Le rangement par zones de température prolonge la vie des produits frais (bien ranger son frigo) ; la congélation le jour de l'achat, pas la veille de la date, est ce qui la rend utile (congeler avant la date de péremption). Un morceau de fromage à la coupe, des légumes du marché ou un reste de plat n'ont pas de date : c'est eux qu'on oublie le plus facilement.

Ne plus jeter ce qui se mange encore : DLC et DDM

Une partie de ce qu'on jette était encore bonne. La mention « à consommer de préférence avant » (DDM) n'est pas une limite sanitaire : la DGCCRF précise que le produit reste consommable après la date, avec un goût ou une texture qui peuvent changer. Seule la DLC, « à consommer jusqu'au », fait jeter.

Pâtes, riz, café, conserves, biscuits ou chocolat portent une DDM. Les jeter à la date, c'est payer deux fois : une fois à l'achat, une fois pour les racheter. La différence est détaillée dans DLC ou DDM, ce qui se mange après la date.

Ce qu'une application change au ticket de caisse, et ce qu'elle ne change pas

Elle ne fait baisser aucun prix. Elle agit sur la part évitable : les produits payés puis oubliés, et les produits rachetés alors qu'il en restait. Frugalys retient ce qu'il y a dans le frigo, le congélateur et le placard, et prévient avant que ça ne se perde.

L'inventaire

Ce qui périme en premier, en haut de la liste

On scanne le code-barres, on tape la date en quatre chiffres, et le produit prend sa place dans une liste triée par urgence. Les produits sans code-barres, légumes du marché ou restes, s'ajoutent à la main. Le rappel arrive le jour même, la veille ou jusqu'à une semaine avant, à l'heure choisie.

La liste de courses se construit à partir de ce qui a été mangé, jamais de ce qui a été jeté : racheter un produit parti à la poubelle, c'est racheter la même perte.

L'inventaire du frigo dans Frugalys : les produits triés du plus pressé au moins pressé, avec le nombre de jours restants.

Ton impact

Un ordre de grandeur, annoncé comme tel

Chaque produit marqué « mangé » compte comme sauvé. L'écran d'impact le convertit en euros sur la base d'un panier moyen, 1,90 € par produit : l'app ne connaît pas le prix payé, et elle ne fait pas semblant de le connaître.

Les idées de repas partent de ce qui périme, et peuvent autoriser quelques euros d'achats d'appoint sous un plafond que tu fixes : une idée qui le dépasse est écartée. Comment les idées de repas sont choisies.

L'historique de Frugalys : les produits mangés, congelés ou jetés, semaine après semaine.

Ce qu'il faut retenir

Le moyen le plus sûr d'économiser sur ses courses est de ne plus payer ce qui finit à la poubelle : environ 100 € par personne et par an, dont la moitié évitable. Inventaire avant de partir, liste tirée des repas, lots jugés à la date, surplus congelé le jour même, et DDM lues pour ce qu'elles sont. Aucun de ces gestes ne demande de manger moins bien.

L'application

Garder dans le budget ce qui partait à la poubelle

Le gaspillage évitable, ce sont surtout des produits payés puis oubliés. Frugalys les date, les trie du plus pressé au moins pressé, et prévient pendant qu'ils sont encore bons.

Gratuit, sans limite de durée et sans compte. iPhone, iOS 16.4 ou ultérieur. Ce qui est gratuit, en détail.

Questions fréquentes

Combien un foyer perd-il chaque année en nourriture jetée ?

Environ 100 € par personne et par an, selon l'ADEME (guide « Comment traquer le gaspillage alimentaire ? », 2022), pour environ 30 kg jetés. Cela fait autour de 200 € pour un couple et 400 € pour un foyer de quatre, en ordre de grandeur.

Comment réduire son budget courses sans manger moins bien ?

En commençant par ne plus payer ce qui finit à la poubelle. Faire l'inventaire du frigo avant de partir, écrire la liste à partir des repas prévus, se méfier des lots en promotion trop grands pour le foyer, et cuisiner en premier ce qui périme en premier : ce sont les gestes que recommande l'ADEME, et ils ne touchent pas à ce qu'on mange.

Les promotions font-elles vraiment économiser ?

Seulement si tout est mangé. Un lot de trois acheté pour le prix de deux coûte plus cher qu'un produit seul si le troisième part à la poubelle. L'ADEME écrit « attention aux grandes quantités en promo » : la question à se poser au rayon est la date du produit face au nombre de repas avant cette date.

Peut-on manger un produit dont la date est dépassée ?

Cela dépend de la mention. « À consommer de préférence avant » (DDM) n'est pas une limite sanitaire : pâtes, riz, conserves ou biscuits restent consommables après la date, selon la DGCCRF. « À consommer jusqu'au » (DLC) est une limite sanitaire : après la date, le produit se jette. Le détail, produit par produit, est dans peut-on manger un produit périmé.

Les sources

Les montants par taille de foyer sont notre calcul à partir des chiffres par personne de l'ADEME ; ils donnent un ordre de grandeur, pas le coût réel d'un foyer donné.