DLC ou DDM : la différence qui évite de jeter pour rien
Mis à jour le 2 septembre 2026.
Une seule des deux dates est une limite de sécurité. La DLC (date limite de consommation), écrite « à consommer jusqu'au », est sanitaire : au-delà, le produit présente un risque microbiologique et ne doit plus être mangé. La DDM (date de durabilité minimale), écrite « à consommer de préférence avant le » ou « avant fin », ne concerne que la qualité : au-delà, le produit reste consommable et peut même continuer à être vendu ; il aura seulement pu perdre du goût, de la texture ou des qualités nutritionnelles.
Les deux dates côte à côte
| DLC | DDM | |
|---|---|---|
| Nom complet | Date limite de consommation | Date de durabilité minimale |
| Mention imprimée | « À consommer jusqu'au… » | « À consommer de préférence avant le… » ou « avant fin… » |
| Ce qu'elle protège | Ta santé | Le goût et la texture |
| Après la date | Ne se consomme pas | Se consomme encore |
| Vente autorisée après ? | Non | Oui |
| Produits typiques | Viande hachée, poisson frais, charcuterie, plats préparés frais, lait frais | Pâtes, riz, conserves, café, biscuits, épices, huiles |
Comment les reconnaître sur l'emballage
Ce n'est pas la date qu'il faut lire, c'est la phrase qui la précède. « À consommer jusqu'au » signale une DLC. « À consommer de préférence avant » signale une DDM. Trois mots séparent un produit à jeter d'un produit à manger.
La difficulté est ailleurs : cette phrase est imprimée en gris clair, en corps six, sur un opercule brillant, au dos d'un pot. C'est la raison pour laquelle tant de gens jettent au jugé : non par négligence, mais parce que l'information est illisible au moment où on en a besoin.
Quels produits portent laquelle
La règle générale suit la microbiologie : plus un produit est humide, frais et peu transformé, plus il est susceptible de porter une DLC. Plus il est sec, salé, sucré, stérilisé ou acide, plus il porte une DDM.
- Portent une DLC : viande et poisson frais, viande hachée, charcuterie à la coupe, plats cuisinés réfrigérés, lait pasteurisé frais, œufs (date de consommation recommandée), certaines salades en sachet.
- Portent une DDM : pâtes, riz, légumes secs, conserves appertisées, produits stérilisés UHT non ouverts, café, thé, épices, biscuits, chocolat, huiles, farine, sucre, miel.
- N'ont aucune date obligatoire : fruits et légumes frais non transformés, sel, sucre, vinaigre, et les vins.
Et la DLUO ?
C'est l'ancien nom de la DDM. La « date limite d'utilisation optimale » a été remplacée par la « date de durabilité minimale » en 2015, à la suite d'une harmonisation européenne. Les deux désignent la même chose. Si tu vois encore « DLUO » quelque part, lis « DDM ».
Ce qui se mange encore après la date
Pour un produit à DDM, la question n'est pas si mais combien de temps, et la réponse dépend surtout du stockage. Un paquet de pâtes sèches oublié deux ans dans un placard sec est parfaitement comestible. Un chocolat blanchi a changé d'aspect, pas de nature. Une conserve non bombée, non rouillée, se mange.
Trois signaux, en revanche, font jeter quelle que soit la date : une boîte de conserve bombée ou qui siffle à l'ouverture, une odeur ou un goût inhabituels, et une moisissure ailleurs que sur un fromage qui en porte par nature. Aucune application ne remplace ces trois-là.
Le cas du yaourt, celui qui revient le plus. Un yaourt nature porte une DLC : sa date est donc sanitaire, et c'est elle qui fait foi. Mais son acidité le rend particulièrement stable, et un pot non ouvert, resté au froid sans rupture de chaîne, se conserve généralement bien au-delà. Le couvercle bombé, l'odeur et le goût tranchent mieux que le calendrier.
La date change une fois le produit ouvert
Ouvrir un produit annule sa date imprimée. Une brique de lait UHT porte une DDM de plusieurs mois ; ouverte, elle se garde quelques jours au froid. Une boîte de conserve se conserve des années fermée et deux à trois jours une fois ouverte, transvasée dans un récipient. C'est la mention « à consommer dans les X jours après ouverture », souvent plus discrète encore que la date elle-même.
Ce que Frugalys en fait
Cette distinction n'est pas une note de bas de page dans l'application, c'est une règle de conception. Frugalys connaît la catégorie du produit qu'il vient de scanner, donc il sait laquelle des deux dates il regarde, et il le dit à l'écran (« date de qualité, pas de sécurité : le produit reste bon au-delà ») au lieu d'afficher une alerte rouge indifférenciée.
Cette différence de traitement porte sur beaucoup de produits : une application qui traiterait toutes les dates comme des limites sanitaires ferait jeter des aliments parfaitement bons. Elle fabriquerait le gaspillage qu'elle prétend combattre.
Quand tu ouvres un pot, l'application resserre la date toute seule : c'est la règle « après ouverture » appliquée sans que tu aies à la chercher sur l'emballage.